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Présentation et définitions
A maturité osseuse, 2 à 4°/oo des personnes présentent une scoliose
idiopathique. Les scolioses infantiles ont un sex ratio de 1/1, alors que celles
de l’adolescence sont 8 fois plus fréquentes chez la jeune fille. Certaines
peuvent être douloureuses et doivent alors faire l’objet d’un diagnostic étiologique
précis. La scoliose est une déviation rachidienne dans les 3 plans
de l’espace:
- le plan frontal avec
inflexion latérale
- le plan sagital: flexion et extension
- la rotation
La déformation sagittale est donc associée à une rotation des vertèbres
et une gibbosité.
La scoliose doit être différentiée dès l’examen clinque de l’attitude
scoliotique car il n’y a pas de gibbosité , et parfois radiographique car
il n’y a pas de rotation vertébrale. Cette déviation est complètement réductible
en position couchée. Sémantique: - On appelle scoliose gauche ou droite une scoliose
dont la convexité est gauche ou droite. -Selon qu’il existe une seule localisation scoliotique ou
2, on parle de scoliose simple ou double . On parle dans ce second cas de
scoliose double majeure, en précisant sa topographie: par exemple
thoracique et lombaire, ou double thoracique, ou enfin thoracique et
thoraco-lombaire. - La courbure principale est la courbure scoliotique
la plus importante. - On appelle noeud de jonction l’espace
intersomatique où se fait l’inversion du sens de rotation des vertèbres. - Une scoliose majeure présente une angulation supérieure
à 100°. Une scoliose mineure a une angulation inférieure à 30°. Retour en hautClassification selon l'âge- Scoliose congénitale: elle est dûe à une anomalie
de développement embryonnaire vers la 4ème semaine. - Scolioses infantiles: ce sont les scolioses détectées
avant l’âge de 3 ans. Leur potentiel évolutif est très important puisque
l’ossification du rachis commence à 3 mois de vie intra-utérine et se
termine vers 18 ans. Elles sont donc graves. -Scolioses juvéniles: elles sont détectées entre
3-4 ans et les premiers signes
pubertaires. - Scolioses de l’adolescent: détectées au début
de la puberté à la maturation osseuse définitive. Ce sont les plus fréquentes. Retour en hautClassification selon la localisation- Scolioses cervicales: leur sommet se situe entre C1
et C6. Une malformation de la charnière cervico-occipitale leur est parfois
associée. - Scolioses cervico-thoraciques ou cervico-dorsales:
leur sommet se trouve en C7 ou D1. Une déviation de la tête peut les faire détecter.
Elles représentent1% des scolioses. - Scolioses thoraciques ou dorsales: leur sommet se
situe entre D6 et D7. Le risque est surtout respiratoire si la déformation est
majeure. Ce sont environ 25% des scolioses. - Scolioses thoraco ou dorso-lombaires: le sommet se
trouve soit en D12, soit en L1. Leur surveillance doit être rapprochée car
elles possèdent un grand risque évolutif.
19%. - Scolioses lombaires: de sommet situé de D2 à L4:
elles sont le plus souvent de pronostic péjoratif, avec risque à l’âge
adulte d’installation d’une lombarthrose douloureuse . La plus fréquente
est la scoliose à convexité gauche. La bascule du bassin entraîne une fausse
inégalité des membres inférieurs. 25%. - Scolioses lombo-sacrée: le sommet se situe entre L4
et L5, et il existe un bassin oblique. Retour en hautCauses- Les grands types de scolioses selon leur pathogénie
suspectée:
- familiale: lorsqu’elle est retrouvée chez un au moins des parents au
premier degré.
- idiopathique: aucune étiologie n’est retrouvée.
- myogène: maladie ou malformation musculaire en sont à l’origine.
- neurogène: origine neurologique centrale ou périphérique (cf
chapitre étiologies).
- pithiatique: résultat d’une conversion hystérique.
- thoracogène: liée à une anomalie congénitale ou acquise du thorax. Retour en hautConduite diagnostique
Le dépistage
d’une scoliose peut permettre sa prise charge la plus précoce possible; cela
permettra une meilleure surveillance, un traitement orthopédique parfois qui
peut stabiliser la scoliose. Au mieux, la chirurgie pourra être évitée. La
première consultation, menée avec rigueur, doit se dérouler dans un climat de
confiance, car la prise en charge risque d’être longue et de nombreux éléments
doivent être notés systématiquement et avec grand soin.
L’enfant peut être
adressé au rééducateur ou au chirurgien orthopédiste dans plusieurs
contextes:
- rarement, une mère de famille ayant elle-même été suivie pour un
problème de scoliose dans son enfance, et qui connaît le risque familial,vient
s’assurer de la bonne croissance du rachis de son enfant.
- plus souvent, les parents de l’enfant ont constaté un défaut de
rectitude dans le plan frontal du dos de leur enfant, une gibbosité ou
“bosse” lorsqu’il se penche en avant, une fermeture de l’angle
ilio-lombaire, une asymétrie de hauteur des épaules ou un défaut d’équilibre
du bassin.
- la dorsalgie de croissance bénigne peut dans certains cas amener à
consulter et être à l’origine de la découverte de la scoliose. Le
retentissement, tel qu’un essoufflement lié à l’importance d’une
scoliose thoracique, peut avoir conduit à la première détection de la
“bosse dans le dos”. Très rarement un traumatisme inaugural est évoqué.
- enfin, le dépistage de cette scoliose peut avoir été fait par le médecin
scolaire, le pédiatre ou le médecin généraliste, ou à l’occasion d’une
visite d’aptitude sportive.
L’âge en années et mois doit être noté.
Il doit être mené auprès de l’enfant et de ses parents. Le carnet de
santé doit être lu attentivement; les problèmes médicaux à la naissance, (terme,taille-poids
de naissance et Apgar), les antécédents familiaux neurologiques ou
neuro-musculaires et les éventuels problèmes en cours de croissance sont
notés (trouble et âge de la marche...)
Il faut aussi rechercher dans la ascendants paternels et maternels, les
latéraux soeurs et frères un identique
“problème de dos”. Au mieux, ces proches seront examinés par la
suite; la gravité de leur déformation, leur traitement et ses résultats sont
notés. La taille des père et mère est également notée.
La première date de découverte de la déformation, la première
consultation médicale ayant pour objet cette scoliose, la date des premières
radiographies sont notées.
Il faut aussi questionner les parents et l’enfant sur le mode
d’apparition de la déformation, sa rapidité apparente d’aggravation. Un
retentissement neurologique éventuel (trouble de la marche, urinaire...) est
parfois signalé.
Enfin un éventuel essai de premier traitement et ses résultats doivent
être connus. Une interventionn sur le rachis peut être retrouvée. Examen clinique:
Il se fait au mieux
chez un enfant déshabillé conservant ses sous-vêtements. * Général: - Poids, taille debout (qui par quelques mesures répétées
peut permettre approximativement de déterminer la taille définitive, par
comparaiuson à l’âage osseux radiologique). On note d’emblée l’attitude
sthénique ou asthénique de l’enfant. - Examen neurologique +++: recherche d’une atteinte
périphérique ou centrale, motrice pure ou associée à un trouble sensitif
(dans le cadre d’une syringomyélie par exemple, surtout s’il s’agit
d’une courbure thoracique gauche), test de Romberg (déviation des index),
test du piétinement ou test d’Unterberg (30” sur place: déviation unilatérale
progressive yeux fermés), recherche d’un trouble de proprioception au niveau
des membres supérieurs. Les réflexes vestibulo-oculomoteurs et
vestibulo-spinaux peuvent être perturbés; on recherche la notion de vertiges.
Enfin les réflexes cutanés abdominaux et les réflexes cutanés plantaires
sont recherchés. - Examen somatique complet, en particulier de la peau:
recherche de tâches café au lait dans le cadre d’une maladie de
Recklinghausen, de pertuis, naevus ou hématome, ou anomalie localisée lombaire
cutanée en faveur d’une spina bifida, recherche d’une hyperlaxité congénitale
(Ehler-Danlos), examen des yeux à la recherche d’une maladie de Marfan
(subluxation du cristallin, souffle cardiaque)), d’un nystagmus, d’un
strabisme, au moindre doute consultation d’ophtalmologie si l’enfant
paraît avoir un trouble visuel. - Examen orthopédique: les amplitudes de chaque
articulation sont évaluées, en particulier au niveau de la hanche (flessum ou
autre raideur); une rétraction de chque muscle de la ceinture pelvienne, et des
autres muscles des membres inférieurs doit être recherchée. L’analyse
morphostatique des membres inférieurs est systématique. - La mesure des ampliations thoraciques, axillaire,
xipho•dienne et abdominale doit être faite systématquement pour évaluer la
capacité vitale de l’enfant grossièrement. - L’examen podoscopique complète l’examen.
La
recherche d’une cause doit être gardée à l’esprit en permanence +++ * Stade
pubertaire:
La classification du stade pubertaire selon Tanner (caractères sexuels
secondaires) est indipensable. La stratégie thérapeutique dépend en effet
essentiellement du potentiel évolutif de la scoliose, qui est directement lié
à la poussée de croissance pubertaire qui se fait surtout sur le rachis.Le début
de la période pubertaire est marqué par l’augmentation de taille des
testicules chez le garçon, de poils pubiens chez la fille. Les règles chez
l’adolescente n’apparaissent en moyenne que 2 ans après ce début de puberté.
En pratique, les poils pubiens chez le garçon, les poils pubiens et le degré
de développement des seins chez la jeune fille sont rapidement inspectés.
Le début de la
puberté est aussi marqué par une
accélération de la vitesse de croissance, qui passe de 0, 5 cm à 1 cm par an.
Il apparaît en moyenne chez la jeune fille de 11 ans d’âge osseux , chez le
garçon de 13 ans d’âge osseux. * Examen
programmé d’un enfant scoliotique: Recherche et mesure d’une asymétrie de hauteur
des épaules, de l’effacement d’un flanc, d’un déséquilibre du bassin
debout de dos en prenant pour repère la crête iliaque (il ya une ascension de
l’aile iliaque convexe) ou les fossetttes . Mesure d’une éventuelle inégalité de longueur des
membres:
- debout en équilibrant le bassin à l’aide de planchettes étalonnées
de 5 à 30 mm.
- en decubitus dorsal en mesurant les distances épine iliaque antérosupérieure
- malléole interne de
façon comparative. Mesure d’un déséquilibre par étude au fil à
plomb du rachis dans le plan frontal: on mesure ainsi le décalage entre l’axe
occipital (C7 le plus souvent) et le pli interfessier (on parle d’”axe
occipital”). Une contrecourbure est une zone de courbue controlatérale aux
zones de courbures latérales, qui maintient l’alignement de l‘axe
occipital. S’il existe un déséquilibre (que l’on retrouvera alors à la
radiographie), on parle de “gîte”qui est mesuré. La gibbosité +++ est ensuite mesurée, l’enfant étant au mieux assis devant
l’examinateur mains jointes entre les genoux, et penché en avant en flexion
antérieure du tronc. La flexion est réglée selon la gibbosité maximale
obtenue selon la région de la courbure. Cette gibbosité est liée au téléscopage
des côtes lors de la rotation vertébrale. Cette rotation vertébrale peut être
mesurée s’il on possède cet outil par un scoliomètre. La gibbosité correspond à la saillie des côtes. Sa
situation est notée. On peut aussi profiter de cette manoeuvre pour mesurer les
courbures latérales par les flèches au point d’éloignement maximal des épineuses
de la ligne médiane. Une saillie paraspinale lombaire, souvent associée, est
elle aussi mesurée. Mesure de la taille assise, enfant assis en
tailleur, et debout (cf grande taille des maladies de Marfan). Examen du rachis de profil, dans le plan sagittal:
là encore, la mesure est faite grâce au fil à plomb, et permet de déterminer
si l’enfant a le “dos plat”, raide ou réductible, creux, tous paramètres
dont nous verrons par la suite l’importance. Normalement:
- D8 et S2 sont alignés sur la même verticale
- les flèches cervicale et dorsale sont sensiblement égales à 3 cm.
- appréciation d’une antéversion pelvienne.
La réductibilité d’un angle ilio-lombaire se fait par traction
simultanée sur les membres homolatéraux pour
apprécier le mzaximum de cette réductibilité.
Pour une analyse
plus fine de chaque segment rachidien, la position couchée à plat ventre en
bout de table est la meilleure. Le bilan
radiographique: Quels clichés réaliser ?
Dès lors qu’une scoliose est suspectée ou établie par l’examen
clinique, certains examens radiographiques sont indispensables, même si leurs
indications doivent être bien pesées étant donnée l’irradiation importante
délivrée pour chaque cliché.
- grands clichés debout de face et de profil prenant tout le rachis
- grand cliché de face couché +++
(les 2 grands clichés de face doivent permettre une bonne visibilité des
crêtes iliaques et de l’occiput)
- calcul de l’âge osseux par cliché du poignet et de la main gauches
et comparaison à l’atlas de Greuhlich et Pyle.
- un cliché de l’un des membres de la famille peut, après examen
clinique, s’avérer intéressant surtout chez les filles. L’enquête
familiale est en effet positive 1 fois sur 3. Les mesures:
Elles sont faites
après avoir éliminé toute malformation vertébrale +++. * Angulation:
C’est la mesure de l’angle de Cobb. Cet angle est celui que
font entre elles les droites tracées parallèlement aux plateaux supérieurs et
inférieurs des vertèbres limites (les plus inclinées par rapport à
l’horizontale) de la déformation , en projection frontale. Une attitude
scoliotique sur le cliché debout se réduit en position couché, sans aucune
compensation sus ou sous-jacente. * Rotation vertébrale:
C’est l’un des grands critères de surveillance et de gravité de la
scoliose de l’enfant. Elle est appréciée grâce au torsiomètre de
Perdriolle. La rotation spécifique est celle de la vertèbre neutre dans les
scolioses idiopathiques thoraciques ou thoraco-lombaires. * Equilibre de la
courbure:
Par définition, la coubure
scoliotique est dite équilibrée si le milieu de la septième vertèbre
cervicale est à l’aplomb du milieu du sacrum. * Autres: - Recherche d’un spondylolisthésis - Calcul de l’obliquité de la dernière vertèbre lombaire
par rapport au bassin: c’est la mesure de l’angle ilio-lombaire, entre la tangente aux deux crêtes
iliaques et le plateau inférieur de la dernière vertèbre limite d’une scoliose lombaire. - de profil une verticale abaissée des conduits auditifs
externes doit passer par le centre des têtes fémorales. - Détection d’une malformation de la charnière
cervico-occipitale ou autre. - Visualisation
de la cunéiformisation antérieure
des corps vertébraux dans le cadre d’une maladie de Sheuermann, ou si
cette cunéiformisation se situe dans les 2 plans la traduction de l’effondrement asymétrique
du mur postérieur témoin de la scoliose structurale, d’une
hyperlordose, d’une
cyphose trop accentuée ou au contraire l’effacement d’une cyphose
dorsale (dos plat). - Découverte d’une anomalie osseuse ou des parties molles
à explorer plus spécifiquement. - Toutes les courbures doivent donc être au terme de
l’analyse chiffrées. - Mesure de la pente sacrée: angle entre
l’horizontale et la droite tangentielle au plateau sacré. - Age osseux: l’apparition du premier sésamo•de
du pouce marque le début de la puberté. - Etude de l’ossification des crêtes iliaques qui
est un indicateur de matruration
osseuse décrit par Risser
et permet une cotation de l’ossification. Au terme de la puberté il est à 5
et la maturation est presque finie. - Mesure de l’obliquité du plateau sacré. - La vertèbre apicale est celle qui se trouve au sommet
de la courbure; elle a la rotation axiale absolue la plus importante, et
c’est la plus éloignée de la ligne médiane
. Les autres clichés:
Parfois est réalisé un cliché dans le plan d’élection de la
courbure, dans les grandes déformations, pour ne pas sous-estimer
l’importance de la courbure.
Des radiographies de réductibilité ou “bending-test” peuvent aider
au choix de la thérapeutique: ces clichés sont faits en décubitus, avec
inclinaisons latérales maximales droite et gauche bassin bien fixé, ce qui
apprécie la souplesse du rachis et sa réductibilité.
Des scanners 2D avec reconstruction 3D sont parfois pratiqués pour mieux
visualiser une volumineuse déformation.
Enfin, s’il y a doute, l’IRM peut montrer une malformation médullaire
associée; à la place, s’il existe une contre-indication à cette imagerie,
un myéloscanner peut être pratiqué. Retour en hautSport et scoliose
Le sport ne doit pas être stoppé ,à la moindre découverte de toute
scoliose idiopathique, pour se dédouaner de
tout risque éventuel (aggravation, demande des parents, douleurs...). Il doit même
plutôt être encouragé, à quelques nuances près : le sport doit être
simple, peu technique pour éviter tout sentiment d’échec chez des enfants
souvent malhabiles. Les changements saisonniers de pratique sont préférables,
surtout pour des sports mettant en jeu tout l’appareil cardio-respiratoire.
Quelques nuances peuvent être apportées: les chocs répétés engendrés par
la pratique du judo sur les cartilages de croissance de la colonne vertébrale
ne paraissent pas recommandés; de même, dans le cadre des scolioses
thoraciques où peut exister une dépression intra-thoracique si elles sont
majeures, la natation peut augmenter cette dépression et doit donc être déconseillée.
Les sports asymétriques (escrime, tennis, tir à l’arc...) exagèrent
l’attitude scoliotique mais paraissent sans influence sur l’évolution de la
scoliose. Pour le nageur amateur peuvent être conseillés le dos crawlé, la
brasse en cas de cyphose dorso-lombaire, le crawl.L’équitation doit être
encouragée.
Le sportif de haut niveau doit être pris en charge de manière rapprochée
car le bénéfice d’une médaille ou d’un titre doit toujours être comparé
au désagrément de l’évolutivité d’une scoliose parfois mineure. Le suivi par un spécialiste s’impose de même pour les scolioses dépassant
15°.
Enfin la pratique sportive en période de port de corset doit être conseillée, l’enfant retirant alors son corset pendant
l’exercice pour compenser au mieux le déficit musculaire engendré par
l’immobilisation. Retour en haut
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-Docteur Christophe Delong- le 18/08/2011 - |